jeudi, octobre 20, 2005

Les promesses du « mollah turc » !

Donc, je reviens d'Istanbul, où, comme vous le savez, le débat national est marqué par l'ouverture officielle, le 3 octobre dernier, des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Quand je voyage ici, j'ai toujours cette sensation forte d'être dans la Rome de l'Islam. Mais aujourd'hui, Rome est une ville presque morte. Pas Istanbul. Ici, on se sent dans un pays qui vibre, qui bouge, qui change. Comme le dit un tee-shirt qui fait fureur sur les rives du Bosphore, the Empire strikes back (« l'Empire contre-attaque »)... La Turquie, à la fois asiatique, moyen-orientale et européenne, a choisi d'arrimer son destin à celui de l'Europe. Elle a choisi comme modèle de société celui de la démocratie et de la prospérité. Elle s'est donné une quinzaine d'années pour y arriver. C'est un consensus presque général entre militaires, islamistes modérés, kémalistes, minorités diverses, jeunes et vieux... Que la Turquie entre ou non dans l'Union, ce qui compte pour les Turcs c'est que leur pays se modernise et se démocratise.

Dans l'avion du retour, je me dis deux choses.

Un, les dirigeants européens manquent tragiquement de leadership et de vision. Aujourd'hui, le débat sur l'adhésion de la Turquie est ramené à l'islam et à ses dangers, à la nécessité d'intégrer (ou non) les musulmans. Après le plombier polonais, nous voilà confrontés au concept ultraréducteur du « mollah turc » qui s'apprête à venir voiler nos femmes, prendre nos boulots et transformer les églises en mosquées. Triste caricature. Oui, la Turquie est un pays musulman, mais c'est aussi un État laïc. Oui, le gouvernement est dirigé par des islamistes plus ou moins modérés. Mais c'est aussi un gouvernement pro-européen, réformateur, qui a sorti le pays du chaos économique, de la corruption et de la quasi-faillite de la fin des années 1990. On peut caricaturer les Turcs, les ramener plus ou moins consciemment au statut de barbares qui campent devant les murs de Vienne et de l'Europe, mais il est fort probable que dans quinze ans la Turquie sera un pays prospère et démocratique. Personne ne sait en revanche ce qu'il adviendra de l'Europe. Et ce sera probablement l'Europe qui aura alors besoin de la Turquie, de son influence au Moyen-Orient, de sa force de frappe militaire (l'une des plus impressionnantes de l'Otan), de sa puissance économique, de sa position géostratégique, du rééquilibrage vers le Sud que cela entraînera...

Deux, le Maghreb n'est pas européen, il est africain et arabe, mais il vit dans la sphère d'influence de l'Europe. Et il pourrait fortement s'inspirer de l'exemple turc. Les dirigeants maghrébins pourraient faire preuve de la même vison que les dirigeants d'Ankara et prendre la décision stratégique d'entrer, quels que soient les risques, dans le club des pays réellement démocratiques. Ils pourraient se donner une dizaine d'années pour y arriver. Ils pourraient faire preuve de courage en promouvant réformes politiques, institutionnelles et économiques. Le chemin sera long, les échecs et les erreurs inévitables. Mais comme pour la Turquie, l'Europe deviendrait alors une opportunité historique et unique pour les trois pays du Maghreb central d'accélérer leur développement et leur entrée dans le club des vraies démocraties.
TURQUIE - 16 octobre 2005 - par PAR ZYAD LIMAM

Le marché turc, prêt pour l'Europe !

La situation économique turque n’est plus un frein à l‘adhésion. En dépit de la pauvreté de la région orientale d’Anatolie, le pays est en meilleure forme économique que d’autres candidats à l’UE.
Le quartier des banques à Istanbul (wikipedia) Un coup d’oeil à l’économie turque peut désorienter l’observateur : cette puissance moyenne, située à la frontière de l’Europe et l’Asie se voit scindée en 2 parties distinctes comme aucun autre pays du continent. Côté occidental, des métropoles vibrantes comparables à Madrid, Lisbonne, Athènes ou Dublin. De l’autre, les terres situées aux confins orientaux de la Turquie rappellent la Syrie ou le Liban.

Les statistiques sont plutôt positifs. Après le cauchemar économique de 2001, les héritiers d’Atatürk ont remis le marché en route sur la bonne voie. Un taux de croissance flirtant avec les 10 % ferait rêver de nombreux ministres des Finances d’Europe occidentale. En Turquie, cette performance est devenue réalité depuis 2002. Or, un tel score repose sur des bases fragiles car il est provoqué par la dévaluation régulière de la monnaie nationale, la Lira, une initiative, qui, selon les estimations de certains économistes, ne peut durer. Dans un pays au sein duquel quasiment 40% des habitants sont toujours directement ou non dépendants de l’agriculture, la croissance économique connait certes des limites.

Mieux que la Roumanie

Cependant, la Turquie ne doit pas craindre la comparaison avec certains des nouveaux Etats membres ou prétendants à l’accession. En Roumanie, censée devenir membre des 25 en 2007, quasiment la moitié des habitants vivent à la campagne et le revenu moyen plafonne à 2,920 $ par personne et par an. Contre 3,750$ en moyenne en Turquie pour l’année 2004. Une différence qui n’a pas conduit à une remise en question de l’intégration de l’ancien empire de Ceaucescu.

De même, en Roumanie ou en Bulgarie, l’économie de marché est loin d’être décrite comme parfaitement fonctionnelle. Selon les critères de Copenhague, dont le respect conditionne toute intégration au sein des 25, une économie de marché compétitive est « la » condition sine qua non de l’entrée dans le club européen.

Sur ce point, le statut de la Turquie ne fait aucun doute : « La Turquie est déjà une économie de marché » ne cesse de clamer le gouvernement allemand dans un verdict clair. Les dirigeants des milieux d’affaires européens, y compris les plus conservateurs, adoptent des positions assez libérales quant à l’adhésion d’Ankara. « Les marchés européens profiteraient clairement de cette arrivée de la Turquie dans la mesure où le pays est une économie en pleine croissance avec un fort potentiel stratégique », explique Arend Oetker, vice-Président de l’Union Fédérale de l’industrie allemande.

La Turquie est déjà économiquement intégrée en Europe et ses liens avec l’Allemagne sont d’ailleurs plus forts que ceux de Berlin avec la Baltique ou Chypre. Les industriels Turcs voyageant en business-class ont été pendant des années les clients d’Airbus en Europe. Les entreprises françaises sont fortement représentées dans le secteur des télécommunications et la compagnie allemande « Siemens » est en train de co-initier un projet énergétique majeur.

Les craintes du contribuable européen irrationnelles

Les craintes que la Turquie rurale absorbe les millions d’euros provenant des fonds structurels de Bruxelles restent largement infondées. Car la PAC doit absolument être réformée si l’Union souhaite être en mesure de continuer à aider ses Etats membres en la matière. Le système de subventions agricoles a, depuis le dernier élargissement, montré ses limites et la structure de régulation des aides ne s’applique même plus aux nouveaux Etats membres. La chasse aux fonds européens sera bientôt achevée et ceux-ci relégués hors de portée. Il est clair que Bruxelles ne veut pas redistribuer sempiternellement autant d’argent qu’avant.

En outre, l’Anatolie est loin de mettre la main sur les millions d’euros injectés par les contribuables européens puisque la Turquie est largement en mesure de résoudre la situation elle même. La croissance fulgurante des dernières années aidera à nuancer les disparités régionales criantes et donnera un coup de pouce suppémentaire aux négociations d’adhésion. Des investissements étrangers sont attendus afin d’accroître le PNB turc de 3 à 4% et ce, dès l’ouverture des négociations. Les discussions qui prendront très certainement au moins une décennie seront de même susceptibles d’améliorer le lien avec les régions du sud de l’Europe

Il n’est pas question de masquer les difficultés économiques de la Turquie. Mais, comparées à la situation en Roumanie ou en Bulgarie, elles pourraient difficilement représenter un obstacle à l’adhésion à l’UE. La Turquie non seulement appartient économiquement à l’Europe, mais surtout, depuis longtemps.

Article publié le 4 octobre 2004
Source : http://www.cafebabel.com

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

vendredi, octobre 14, 2005

Ce que les Turcs ont à nous offrir !

Ce que les Turcs ont à nous offrir
par Jean-Antoine Giansily

La décision prise en décembre 2004 d'ouvrir avec la Turquie les négociations en vue de l'adhésion à l'Union européenne est désormais mise en oeuvre. Elle fut en son temps une décision intelligente, utile et sage. Elle a offert à ce grand pays des perspectives d'avenir qu'aucune autre ne saurait remplacer.

Plus de dix années de relations suivies avec les Turcs, dont quatre dans leur propre pays, m'autorisent aujourd'hui à écrire qu'au regard de l'Histoire cette décision restera comme l'un des faits majeurs de la construction de l'Union européenne au même titre que la résolution de Messine, en 1956, ou la ratification de l'Acte unique européen, en 1986, par le Parlement français.

En effet, cette décision est d'abord l'aboutissement d'une réflexion intelligente sur ce qu'est la Turquie contemporaine. Façonnée par quatre-vingt-deux ans de laïcité, mettant scrupuleusement en vigueur les principes de séparation des pouvoirs entre le spirituel et le temporel, la Turquie est un modèle de lutte contre les communautarismes. Tout en respectant à la lettre le traité de Lausanne et les minorités juive, orthodoxe et arménienne qui vivent en Turquie, l'Etat turc contient l'islam dans des limites juridiques suffisamment coercitives pour empêcher sur son sol toute dérive islamiste. Il refuse les activités religieuses qui mettraient en cause les fondements de la République. Le pouvoir politique élu démocratiquement il y a trois ans n'a modifié la Constitution et les lois que dans le sens demandé par l'Union européenne, pour rendre le corpus juridique turc euro-compatible. Il n'y a pas un seul exemple de changement législatif qui trahisse une dérive islamiste.

Cette décision d'ouverture des négociations est utile : elle offre aux économies européenne et turque des perspectives qui renforceront le partenariat privilégié. Celui-ci existe déjà grâce à l'Union douanière ratifiée au Parlement européen, en décembre 1995. Après 2001, j'ai été pendant quatre ans le témoin privilégié de l'imbrication progressive des économies européenne et turque, avec souvent le sentiment que les Français auraient pu faire plus et mieux.

Les négociations vont porter en grande partie sur le calendrier de la mise en oeuvre de la politique agricole commune, puisque celle-ci n'était pas concernée par l'Union douanière. Cela va ouvrir un marché très solvable de 71 millions de consommateurs à nos producteurs. Idem pour tout ce qui concerne les services : les grandes enseignes françaises encore absentes de Turquie, rassurées par le dialogue ouvert, prendront conscience du potentiel de ce pays.

Il s'agit enfin d'une décision sage : le chemin à parcourir pour les Turcs sera long et semé d'embûches, car les structures économiques de nos pays restent encore très divergentes. La sagesse imposait que l'on mette autour d'une table les experts européens et turcs pour identifier les problèmes que poserait une adhésion. L'Europe fonctionne ainsi depuis 1952. Pourquoi la candidature des Turcs échapperait-elle à cette règle ? Le moment venu, dans dix ou quinze ans, les responsables politiques d'alors prendront les décisions qui conviennent. Ayons confiance dans la jeunesse de nos pays.

Dans une négociation constructive avec ce pays ami depuis cinq siècles, la France aurait pu jouer un rôle majeur. Malheureusement, elle est dans une phase de repli sur elle-même. Pour "répondre aux inquiétudes des Français sur la montée de l'islamisme", il est assez commode de trouver une tête de Turc prédestinée à l'emploi. Les Turcs, à qui rien n'échappe, comprendront vite que la route de Berlin, de Londres ou de Bruxelles est plus porteuse que celle de Paris.

Jean-Antoine Giansily, ancien député (UPE-RPR) au Parlement européen,
était chef de la Mission économique française à Istanbul de septembre 2001 à août 2005.

Source: Le Monde - 14/10/2005

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité

vendredi, octobre 07, 2005

De Gaulle à Galatasaray.


Allocution prononcée par
le Général Charles de Gaulle
au Lycée de Galatasaray
(27 octobre 1968).

"Monsieur le Ministre,
Excellences,
Monsieur le Directeur,
Mesdames, Messieurs les Professeurs,
Mesdames, Messieurs,

Quelle secrète harmonie des événements fait que la visite que j'ai l'honneur de rendre à la Turquie coïncide avec le centenaire de Galatasaray ? J'en suis d'autant plus frappé que l'année 1868, date de la fondation de cet illustre lycée, a marqué pour votre pays le début de sa préparation à ce qui, un demi-siècle plus tard, allait être la marche vers la modernisation.

Il est vrai, qu'auparavant et pendant longtemps, la civilisation turque avait brillé d'un très vif éclat. Jusqu'au XVIIIe siècle, s'était développé chez vous un grand Etat, maître d'un grand Empire, disposant d'une grande armée et accomplissant une œuvre législative et administrative considérable. En même temps, la Turquie déployait dans tous les domaines de l'esprit un essor exceptionnel. Ses érudits, tel Evliya Çelebi, ses poètes, comme Baki, ses architectes par exemple Sinan, mais aussi ses mathématiciens, ses astronomes, ses navigateurs, ses artisans, étaient au premier rang. Sans doute au XIXe et XXe siècles, vit-on l'Occident, à son tour, jouer un rôle capital dans une civilisation que dominait l'industrie. Mais, chez vous les esprits éclairés n'en jugèrent pas moins que votre pays, sans aucunement renoncer à lui-même, devait ment renoncer à lui-même, devait mettre à profit les acquisitions nouvelles. Or, c'est surtout vers la France que, dans ce but, se tourna la Turquie. Prédilection qui confirmait les liens intellectuels joignant les deux nations, grâce, notamment, à leurs affinités profondes à l'Ecole des langues orientales fondée à Paris par Colbert, à l'échange constant d'étudiants et de professeurs, à l'œuvre des missions enseignantes et hospitalières françaises que vous acceptiez sur votre territoire.

Telle fut également l'origine de la décision prise, voici cent ans, par le Sultan Abdulaziz, à son retour d'un solennel voyage en France, quand il créa Galatasaray. On ne saura non plus oublier que cette fondation était l'aboutissement des efforts du grand Vizir Emin Ali Pacha et du Ministre Fuat Pacha et que le concours de notre Victor Duruy fut requis à cette occasion. Des hommes d'Etat éminents avaient compris, de part et d'autre que l'adaptation d'une partie à l'évolution de l'Histoire exigeait qu'au préalable y fût formée une élite apte à mettre en œuvre les idées et les disciplines nouvelles.

Comment méconnaître, en effet, le rôle qu'a joué, dans l'immense mutation accomplie de nos jours par votre pays, l'évolution intellectuelle et morale à laquelle a contribué la grande maison où nous nous trouvons ? Pour que la Turquie, entraînée par le génie et la passion d'Atatürk, ait su, au moment voulu, émerger vivante et ardente de ses terribles épreuves, devenir un Etat fortement national à partir de l'Empire cosmopolite qu'elle était, s'ouvrir d'un seul coup à toutes les sources du renouveau, on peut croire que les ferments reçus et cultivés ici par tant de jeunes gens qui devenaient, à mesure, hommes politiques, administrateurs, diplomates, soldats, professeurs, écrivains, ingénieurs, l'ont aidée à revêtir la forme qu'exigeait notre époque. Mais aussi, lorsque la France, la première de tous les Etats d'Occident, reconnut le gouvernement d'Ankara, il est certain que la valeur d'une élite bien connue chez nous était pour beaucoup dans la confiance nous portions d'emblée à la Turquie moderne.

Voici qu'aujourd'hui la coopération intellectuelle franco-turque voit s'ouvrir les domaines sans limites de la recherche et de la connaissance scientifiques et techniques, inspiratrices de l'économie. Il n'est que de voir sarraus noirs et les cols blancs de votre innombrable jeunesse et de lire au fronton d'un de vos bâtiments universitaires que: "Dans la vie, le guide le plus sûr est la science", pour discerner à quelles sources la Turquie, désormais, puise son avenir. Or, vous le savez sur le plan de la science fondamentale et de ses applications, la France d'à présent peut vous offrir beaucoup.

Car, malgré les retards qu'elle a subis du fait de la dernière guerre, elle a repris parmi les nations une place de choix à cet égard. Nos deux pays, que rien n'oppose, bien au contraire, dans aucune de leurs activités, savent, qu'ayant longuement coopéré dans le Droit les Lettres, les Sciences politiques et administratives, lis ont toutes les raisons d'en faire autant aujourd'hui dans les domaines scientifiques et techniques. A vrai dire, lis se rencontrent déjà sur bien des sommets des connaissances humaines, notamment en physique nucléaire ou en médecine, pour ceux qui est de l'hématologie, de l'immunologie, de la cardiologie etc... Mais quels fruits pourrait porter le travail en commun de leurs chercheurs et de leurs ingénieurs, par exemple, en matière d'agriculture, ou d'hydrologie, ou de télévision. Un accord qui serait conclu entre les deux gouvernements pour la coopération technique, surtout si vous vouliez l'accompagner du développement de l'enseignement du français, imprimerait aux relations de la Turquie et de la France un caractère vraiment exemplaire.

L'amitié des deux nations facilite en ce moment le rapprochement de leurs politiques, Cette amitié doit les aider à unir leurs efforts pour le progrès. C'est à dire qu'elle est l'objet de ma visite en Turquie. C'est à dire aussi de quel cœur j'exprime les souhaits de la France à Galatasaray tandis que ce célèbre établissement commence le deuxième siècle de sa vie et de ses succès.
".
Général Charles de Gaulle.

Source : http://www.cimbom.org

Chirac, Berlusconi, l'Europe et la Turquie.

Chirac: La Turquie peut "basculer dans l'intégrisme"si l'UE lui ferme la porte.

PARIS, 4 oct 2005 (AFP) - Jacques Chirac a évoqué mardi la possibilitéd'un basculement de la Turquie "dans l'intégrisme" si l'on refusait sonadhésion à l'Union européenne.
"Si dans un mouvement d'humeur un peu léger, une réaction épidermique,on dit +ils ne sont pas européens, qu'ils s'en aillent+, qui nous ditque cet ensemble ne basculera pas dans l'intégrisme ?", s'est demandé leprésident français au cours d'une conférence de presse commune àl'Elysée avec le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi. "Vous vous rendez compte de la responsabilité que l'on prendrait ?",a-t-il ajouté.
Evoquant des affirmations et sondages selon lesquels les Français yseraient hostiles, il a demandé : "qui vous permet aujourd'hui de direce que les Français voudront dans 15 ans ? Au nom de quels principesquelqu'un s'arroge le droit de parler au nom de nos enfants, ou de nospetits-enfants ?".
M. Chirac a détaillé point par point les raisons de sa position enfaveur de l'intégration de la Turquie.
"Il faut un peu penser à l'avenir", a-t-il dit. "Nous voulons laisser ànos enfants un espace aussi large que possible où soient réellementenracinées la paix et la démocratie", "nous voulons aussi que cetteEurope soit forte".
"On aurait pu rester à 6, mais ça ne répond à aucune exigence del'avenir en matière de paix et de démocratie", a martelé M. Chirac, pourqui "cet espace de paix, de démocratie et de puissance impose laprésence de la Turquie".
Il a jugé "légitime qu'un peuple qui veut rallier nos valeurs puisse lefaire". "Il apporte une puissance considérable et donne à l'Europe ladimension nécessaire pour exister dans le monde de demain", selon lechef de l'Etat.
Le président a rappelé qu'entrer dans l'Union imposait à la Turquie defaire "tous les efforts nécessaires" pour adhérer à "la totalité" de sesvaleurs. "C'est un effort considérable, une révolution culturellemajeure", a dit M. Chirac. "Est-ce qu'elle pourra y arriver, je n'ensais rien. Il y faudra beaucoup de temps, c'est une affaire de 10 à 15ans minimum", a-t-il estimé.
"Si ça ne marche pas, on verra quelle est la nature des liensprivilégiés, forts que nous pourrons créer avec elle, si la Turquie leveut encore".
Il a rappelé qu'il y aurait référendum en France sur la décision finale,et que "les Francais garderont la décision entre leurs mains quoi qu'ilarrive", "comme il se doit dans une démocratie".
"Ce serait impardonnable de dire non à la Turquie", a fait valoir M.Berlusconi, qui a salué "la position courageuse" du président Chirac. "La Turquie est devenu un pays laïc, elle s'est donné une constitutionlaïque", a rappelé le chef du gouvernement italien, estimant qu'"on nepeut pas laisser passer l'occasion d'établir un pont entre l'Occident etle monde musulman".
"Si on refuse l'amour, il peut se transformer en haine", selon M.Berlusconi.

Turquie Européenne : Pour une Europe ambitieuse et pluraliste.
Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

lundi, octobre 03, 2005

Association Turquie Européenne.


L’association "Turquie Européenne" a pour vocation de promouvoir l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne (UE)


Pour ce faire, elle entend rappeler
:

Les engagements pris par l’Union Européenne vis-à-vis de la Turquie.
• Les relations formelles de la Turquie avec l’UE sont anciennes. Elles remontent à la conclusion de l’accord d’association avec la Communauté économique européenne, dit " accord d’Ankara ", signé le 23 décembre 1963, qui donne à la Turquie une perspective claire d’adhésion à l’Union Européenne.
• La Turquie a officiellement déposé sa candidature à l’adhésion en avril 1987. Celle-ci a été reconnue, à égalité des autres candidats, lors du Conseil européen d’Helsinki des 10 et 11 décembre 1999. Un Partenariat pour l’adhésion a ensuite été conclu sous présidence française en décembre 2000. Ce document reprend l’ensemble des objectifs à court et moyen terme dans les domaines politiques et économiques pour permettre l’adhésion de la Turquie.
• L’engagement pris en 1963 a été réaffirmé lors des sommets européens de Luxembourg (1997), d’Helsinki (1999) et de Copenhague (2002). Il est grandement temps pour l’Union Européenne de respecter ses engagements en donnant à la Turquie un calendrier précis pour son intégration.

La vocation européenne de la Turquie

• La Turquie partage le patrimoine culturel et historique de l’Europe, elle est héritière d’un Empire européen, lui-même héritier de l’Empire Byzantin. Rappelons que la Turquie est une des sources de la civilisation européenne.

• Cette vocation est au cœur même de la République Turque, dont les principes fondateurs se nourrissent des idéaux de la Révolution française et des Lumières. Ce n’est pas un hasard si la Turquie est à ce jour le seul pays musulman au monde à avoir inscrit la laïcité dans sa Constitution.

• La volonté de la Turquie d’adhérer à l’Union européenne est ancienne. Elle est née de la révolution kémaliste des années 1920 qui a fondé une Turquie moderne, résolument tournée vers l’Occident. Elle est aussi l’aboutissement logique de l’adhésion et de la participation de la Turquie à toutes les autres organisations européennes ou euro atlantiques.

• La Turquie est déjà, de fait, une nation européenne : Elle est membre fondateur du Conseil de l’Europe depuis 1949, pilier de l’Alliance Atlantique (OTAN) depuis 1952, et membre fondateur de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) depuis 1973. La Turquie est en outre le seul pays candidat à l’adhésion à avoir signé avec l’UE un accord d’union douanière, qui est entré en vigueur le 1er janvier 1996.

• La Turquie a participé et participe toujours activement à la défense et à la sécurité européennes. Sa position stratégique en a fait le rempart sud-est de l’Europe contre les régimes totalitaires et le terrorisme islamiste.

A ce titre, l’Association " Turquie Européenne " considère

• Que l’Union Européenne est une association politique de pays partageant des valeurs communes dont la première est la démocratie. La Turquie adhère à ces principes et jouit, à ce titre, d’un statut unique dans le monde : Elle a fait la preuve que l’Islam est compatible avec les institutions démocratiques. A cet égard, l’intégration de la Turquie sera la plus grande avancée politique de l’Union depuis sa fondation, et confirmera l’UE dans ses valeurs d’ouverture, de tolérance et de laïcité.

• Que l’adhésion turque à l’Union Européenne donnera à l’Europe des avantages stratégiques et économiques décisifs. La Turquie apportera à l’Europe vieillissante une population jeune, dynamique et entreprenante. Elle lui donnera accès à d’importantes réserves en eau, l’ " or bleu " étant amené à jouer dans l’avenir un rôle aussi important que le pétrole, notamment au Moyen-Orient. Elle lui permettra un contrôle sur les voies d’évacuation des abondantes réserves énergétiques (pétrole et gaz) d’Asie centrale. Par sa communauté culturelle et linguistique avec les jeunes Etats centre asiatiques, la Turquie offrira à l’Union Européenne une zone d’influence sur des pays émergents riches en ressources naturelles. Le modèle de la démocratie turque servira par ailleurs de " locomotive " au monde arabo-musulman.

En conséquence, l’Association " Turquie Européenne " demande :

• Aux dirigeants turcs de poursuivre leur effort de démocratisation des institutions et de mise en conformité des pratiques avec la nouvelle législation qui en découlera.

• Aux responsables politiques Français, Turcs et Européens de tout mettre en oeuvre pour faciliter et accélérer l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne. De soutenir et encourager ce pays qui mène actuellement d’importantes et courageuses réformes pour se conformer aux critères dits de Copenhague. De prendre toutes les dispositions nécessaires pour que l’UE ne manque pas la chance historique pour la paix et la stabilité du monde, ainsi que pour la prospérité économique de l’Europe, que représente l’adhésion de la Turquie.

Turquie Européenne : Pour une Europe ambitieuse et pluraliste.
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samedi, octobre 01, 2005

UE: Londres fait le forcing sur la Turquie !

Vendredi 30 septembre 2005, 13h06

LONDRES (AFP) - Londres a insisté vendredi sur "l'énorme importance stratégique" de la Turquie pour l'Europe, et exprimé l'espoir qu'une solution acceptable par tous au sein de l'UE puisse être trouvée d'ici lundi pour le démarrage des pourparlers d'adhésion, un dossier devenu le principal objectif de sa présidence de l'UE.La Turquie "est d'une énorme importance stratégique pour l'Union européenne", a insisté le ministre des Affaires européennes Douglas Alexander sur la BBC. "Je reconnais évidemment qu'il y a une diversité d'opinions à travers l'Europe (...). Ce que nous voulons faire, c'est trouver une solution que toutes les parties puissent accepter. Il y aura une période d'intenses discussions à la fois dimanche et lundi, mais je pense que nous serons capables d'aller de l'avant, même s'il reste beaucoup de travail à faire", a-t-il dit.

La présidence britannique de l'UE a annoncé une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères dimanche soir à Luxembourg, pour essayer de débloquer la situation, les ambassadeurs des 25 pays de l'UE à Bruxelles n'ayant pas réussi à s'entendre sur le document qui doit fixer les principes directeurs et les procédures des pourparlers.Les pourparlers d'adhésion doivent en principe commencé lundi 3 octobre. Alors que le budget européen reste bloqué, l'avancement du dossier turc est devenu le principal objectif de la présidence britannique de l'UE, séduite par l'ancrage à l'Ouest d'un pays musulman et laïc, qui serve de moteur pour remodeler le Moyen-Orient. "Ancrer la Turquie à l'Ouest permet d'avoir un modèle de démocratie et de modernité, un pays avec une majorité musulmane, qui rayonnera à travers toute la région", a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères Jack Straw.

Lui fermer la porte serait "une énorme trahison", a-t-il ajouté. "La Turquie est un acteur important de la région, voisin de l'Iran et des pays du Caucase. Pour notre politique étrangère, c'est un moyen de montrer qu'islam et démocratie peuvent être compatibles", a expliqué une source gouvernementale. "Avoir un pays musulman dans l'Union européenne montrera qu'elle est un continent divers, moderne et ouvert", a indiqué la même source.

L'intégration éventuelle de 70 millions de musulmans dans l'UE ne suscite d'ailleurs pas de controverse dans l'opinion publique britannique. "Il n'y a pas de minorité turque en Grande-Bretagne et pas de craintes d'immigration comme en Allemagne ou d'autres Etats de l'UE qui ont une minorité turque visible", relève Richard Whitman, chef du programme européen au Royal Institute of International Affairs (RIIA). "Ce n'est pas difficile sur le plan politique pour les dirigeants britanniques de défendre l'élargissement à la Turquie. Ce qui pose problème, c'est l'intégration européenne", a-t-il expliqué.

La Grande-Bretagne met également en avant l'argument économique, l'accès à un marché de 70 millions d'habitants appelé à grandir encore. "Plus généralement, Londres a toujours été favorable à l'élargissement, d'abord vers l'Europe de l'Est, puis vers la Turquie. "Historiquement, la Grande-Bretagne a toujours été en faveur d'une Union européenne élargie, notamment pour qu'elle soit plus difficile à gouverner par deux pays. Si vous avez plus d'Etats dans l'UE, cela complique la dynamique et cela convient très bien aux Britanniques", explique M. Whitman.

L'entrée d'un pays membre de l'OTAN, traditionnellement allié proche des Etats-Unis, permettrait également de "rééquilibrer l'UE dans un sens plus atlantiste", relève-t-il encore.

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Europe, Turquie et Islam.


Ceux qui s’attaquent à la Turquie pour des motifs culturels (adjectif qu’il faut comprendre comme « religieux ») sont les meilleurs alliés des nationalistes qui refusent le changement.
Soli ÖZLEL


Ci-dessus : Une Turque devant des affiches pour l'adhésion de la Turquie à l'UE, le 2 juillet 2005 à Istanbul.

L'Union européenne, qui doit ouvrir le 3 octobre les négociations d'adhésion avec la Turquie, pourra difficilement oublier pendant le processus d'accession une opinion publique européenne réticente à l'accession de ce grand pays musulman. • Cem Turkel (AFP/AFP/Archives - vendredi 30 septembre 2005, 17h56)

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vendredi, septembre 30, 2005

La peine de mort en Turquie ?



Dépêche de presse du 12 novembre 2003 - Reuters - La Turquie a ratifié mercredi à Strasbourg le protocole 6 de la Convention européenne des droits del'homme qui abolit la peine de mort en temps de paix, annonce le Conseil de l'Europe dans un communiqué.

"C'est une étape d'une importance politique énorme (...) Elle nous rapproche de l'abolition totale de la peine de mort qui est l'unedes priorités de notre organisation", a déclaré son secrétaire général, Walter Schwimmer.
Seule la Russie, parmi les 45 Etats membres du Conseil de l'Europe, maintient encore la peine de mort dans sa législation, tout enappliquant un moratoire sur les exécutions depuis 1996.
La Turquie, qui appliquait un moratoire depuis 1984, n'a quant à elle aboli la peine de mort que le 2 août 2002, dans le cadre d'unpaquet de réformes adopté par le parlement.
L'abolition de la peine capitale, qui est exigée depuis 1994 par le Conseil de l'Europe, fait également partie des conditions que fixe l'Union européenne aux futurs adhérents.

Dépêche de presse du 9 janvier 2004 - AFP - La Turquie a signé vendredi le protocole n°13 de la Convention européenne des droits de l'Homme concernant l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances, y compris en temps de guerre.Le document a été signé vendredi matin à Strasbourg par l'ambassadeur de Turquie auprès du Conseil de l'Europe Numan Hazar.Il y a un an, la Turquie avait déjà signé le protocole n°6 de la Convention européenne des droits de l'Homme concernant l'abolition de la peine de mort en temps de paix, après un vote du parlement turc en août 2002 abolissant la peine de mort, sauf en temps de guerre.Le texte avait été ratifié en novembre dernier, avec l'espoir de voir la Turquie se rapprocher des normes de l'Union européenne.La Turquie respecte depuis 1984 un moratoire sur l'application de la peine de mort.Le protocole numéro 13 portant sur l'abolition de la peine de mort "en toutes circonstances", même pour des "actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre", en vigueur depuis le 1er juillet dernier, n'a en revanche toujours pas été signé par la Russie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Dépêche de presse du 7 mai 2004 - AFP : Le parlement turc a adopté vendredi une série d'amendements à la Constitution devant permettre à la Turquie de se conformer aux normes démocratiques européennes et d'augmenter ses chances d'obtenir un feu vert à l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne.Sur les 471 députés présents, 457 ont voté en faveur des amendements, a indiqué le vice-président du parlement Nevzat Pakdil. Huit ont voté contre, un s'est abstenu et cinq ont voté blanc.L'un des dix amendements adoptés porte sur la suppression des cours de sécurité d'Etat, des tribunaux spécialisés qui jugeaient notamment les personnes accusées de terrorisme et qui ont été critiqués par l'UE et les défenseurs des droits de l'homme.Un autre amendement efface toute référence à la peine de mort dans la loi fondamentale tandis qu'un autre proclame que "les hommes et les femmes ont des droits égaux". Le parlement turc avait déjà aboli la peine de mort.La Constitution amendée donne également aux traités internationaux la prééminence sur la loi nationale, une modification qui a été critiquée par les eurosceptiques selon lesquels la Turquie risque de perdre ainsi une partie de sa souveraineté au profit de l'UE en cas d'adhésion.Cette série d'amendement a été soutenue à la fois par le parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, et par l'opposition social-démocrate du parti Républicain du peuple (CHP).Il s'agit de la neuvième modification de la Constitution turque, datant de 1982 et rédigée sous l'emprise des militaires qui avaient renversé le gouvernement deux ans auparavant.Le ministre turc de la Justice Cemil Cicek a souligné que d'autres amendements seront nécessaires pour moderniser la Constitution."Nous devrons amender la Loi fondamentale une dixième fois", a-t-il plaidé devant les députés après le vote. "Depuis 1982, le monde a changé, la Turquie a changé, les circonstances ont changé et les priorités aussi", a-t-il dit.La Turquie, candidate depuis 1999 à l'adhésion à l'UE, réclame l'ouverture de négociations dès le début de l'année prochaine, affirmant avoir rempli la plupart des critères de conformité aux normes démocratiques européennes.Les dirigeants de l'UE doivent décider en décembre prochain de l'opportunité d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion avec Ankara en fonction de ses avancées démocratiques.

En un clin d'oeil / La Peine de mort dans le monde - Chiffres 2004
5476 exécutions capitales dans le monde
131 de moins qu'en 2003
1. Chine 5000 exécutions
2. Iran 197 exécutions
3. Vietnam 82 exécutions
4. USA 59 exécutions5
8 pays maintiennent la peine de mort dans leur législation - 61 pays en 2003.
25 pays ont procédé à des exécutions capitales.
Le Tadjikistan a aboli la peine de mort le Liban, l'Afghanistan, l'Inde, l'Indonésie et l'Autorité palestinienne ont repris les exécutions.

La peine de mort en Europe :
Le protocole n°6 à la Convention européenne des droits de l'homme interdit en temps de paix le recours à la peine de mort. Il est entré en vigueur le 1er mars 1985. Les 36 Etats signataires sont : Andorre, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Moldova, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Saint-Marin, Slovénie, Espagne, Suède, " l'ex-République yougoslave de Macédoine ", Ukraine et Royaume-Uni. L'Irlande, Malte et la Suisse ont signé et ratifié le Protocole.Grâce au Protocole n°6 et à un moratoire dans les pays qui ne l'ont pas encore ratifié, les 44 Etats membres du Conseil de l'Europe constituent déjà une zone sans peine de mort en temps de paix depuis 1997, date de la dernière exécution - en Ukraine.

Pour en savoir plus :
La Convention européenne des droits de l'Homme : le texte complet et à jour au format pdf.Protocole n° 6 CEDH : Le texte du protocole additionnel n°6 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales concernant l’abolition de la peine de mort.

Note personelle : Je crois savoir, mais c'est à vérifier, que la Belgique à ce que j'en sache, même si elle n'y a plus fais appel depuis des années, n'a toujours pas ratifié la peine de mort. Pour revenir à la Turquie, voilà un exemple du vent de liberté extraordinaire qui ferle ses 10 dernières années en Turquie, portée par l'espoir de pouvoir un jour nous rejoindre dans cette grande aventure qu'est le rêve européen.

Sources : http://www.revoltes.org/ et http://www.peinedemort.org

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

L'exaspération turque !


Le pays est au bord de la crise de nerfs et menace maintenant de claquer la porte de l'Europe.

Après la résolution du parlement européen qui demande à la Turquie de reconnaître le génocide arménien et la République de Chypre, après surtout le blocage de l'Autriche qui a fait un pas en arrière en estimant que l'Union et la Turquie devraient avoir un partenariat privilégié et rien de plus, les Turcs sont à bout de nerfs.

Le sentiment général est une grande désillusion, à tel point qu'Abdullah Güll le ministre des affaires étrangères turc, a menacé de boycotter l'ouverture des pourparlers lundi. "l'Europe est une bonne chose, mai sous ces conditions c'est très difficile. Si ils gardent les mêmes conditions, nous ferons notre propre chemin"

Gengis Aktar, recteur de l'université turque de Bahcesehir:"Je pense que les négociations commenceront malgré tout lundi, même si on ne peut pas être 100% sûr. Je pense que ni l'Europe ni la Turquie ne peuvent se permettre un fiasco.

"Le premier ministre turc a laissé entendre ce vendredi que la Turquie se réservait le droit de dire non aux Européens... "nous aurons une réponse très très différente que celle que nous avons eu jusqu'à présent." a t-il déclaré. Reccep Tayip Erdogan s'est pourtant dit optimiste de voir la bonne volonté revenir côté européen et les négociations commencer malgré tout.


Source : http://www.euronews.net
Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Turquie : le rêve bleu !


Adhésion à l'UE : les Turcs n'y croient plus !
30 septembre 2005.

Reconnaissance du génocide arménien, reconnaissance de la République de Chypre, et maintenant blocage de l'Autriche sur la nature même des négociations : devant autant de réticences de l'Europe, les Turcs sont aujourd'hui désabusés et ont l'impression que leur demande d'adhésion à l'Europe va rester indéfiniment au point mort. La presse turque estimait ce jeudi que l'Europe jouait avec ses nerfs et voulait la pousser à bout, la forcer à tout arrêter.

Reconnaître le génocide arménien semble en tous cas une chose insurmontable pour la majorité des Turcs. "Le parlement européen a pris cela à la légère, estime un passant. C'est hors de question. Les gens ne permettront jamais une telle chose. L'Union Européenne restera toujours un rêve pour les Turcs." Une grande partie de la population semble partager ce pessimisme car la proportion pour l'entrée dans l'UE est tombée de 73% à 63% en un an."

La Turquie doit reconnaître le génocide arménien si elle veut adhérer à l'union, que pensez-vous de cela, demande la journaliste". Réponse d'une femme, il n'y a plus rien que la Turquie puisse faire.. Elle devrait tout laisser de côté et revenir plus tard." "Que la Turquie reconnaisse ou pas le génocide, je pense qu'ils ne nous laisserons jamais entrer dans l'Europe, pense cet autre homme. C'est de la magouille... Ils essaient de profiter le plus possible de la Turquie, c'est tout ce qui les intéresse."

Les réticences de l'Union envers la candidature turque réveillent aussi les vieux nationalismes dans le pays. Extrême gauche et extrême droite ont ainsi prévu des manifestations anti-UE pour dimanche.


Source : http://www.euronews.net/
Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Azra Akin, la plus belle européenne du monde.

" Femme turque, courageuse, tu es digne d’être élevée vers le ciel sur des épaules. "
Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne et laïque.

C'est à Londres, le 7 décembre 2002 au soir, que la belle Azra Akin, alors Miss Turquie et agée de 21 ans, est devenue Miss Monde 2002 devant des millions de caméras. Suite à quoi, elle a déclaré l'agence Reuters " Je suis tellement heureuse et excitée ! ( on ne saurait l'être autrement ! ) et " J'espère représenter la femme dans le monde dans un bon sens ! ". Comment aurions-nous pu rêver mieux qu'une européenne dont l'éducation a été bordée entre les deux cultures orientales et occidentales, et originaire d'un pays à majorité musulmane et néanmoins laïque et moderne contrairement à ce que veulent nous faire avaler les médias, à l'heure où le terrorisme islamisme fait rage et que l'Europe se radicalise à droite, pour représenter l'espoir féminin dans le monde et faire honneur, de ce fait, à la femme européenne ? D'ailleurs, européenne, Azra l'est plus que vous et moi, puisque non seulement la Turquie est le berceau de la civilisation byzantine et qu'elle est Turque, mais de surcroît, elle a grandit en Hollande. Notons que l'éléction 2002 aurait dû se passer au Nigeria, mais ne l'a pas été car ce pays applique la shariah ( loi basée sur l'application stricte du Coran ) et qu'elle couronne une femme issue d'une Turquie qui, à l'opposé, connait ses 10 dernières années un vent de liberté et d'émancipation comme la France n'en a plus connu depuis les années 60' ! Nous avons eu le plaisir de la voir dans Comtes d'Istanbul où elle incarne la belle Idil. Film pour lequel notre Azra d'amour a dût être doublé... à cause de son fort accent hollandais quand elle parle le Turc !
Pour finir, j'aimerais lui hurler " Azra, bir deli gibi seni seviyorum, aşkim ! " ( Azra, je t'aime comme un fou mon amour ) mais chacun sait qu'une femme émancipée qui a empoché la rondelette somme de 100 000 livres sterlings, soit 150 000 U.S $ n'aura que faire d'un petit chômeur accariâtre comme moi !

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Chirac, conférence de presse d'avril 2004.

Extraits de la conférence de presse de Jacques Chirac sur l’Europe 29 avril 2004

Question : Votre ami, Alain JUPPE, qu’on dit assez influent à l’Elysée, a déclaré récemment que tout compte fait, après réflexion et contrairement à ce qu’il avait pu penser ou dire, l’entrée de la Turquie en Europe, selon lui, allait dénaturer l’Europe. Alors, par quels arguments espérez-vous le convaincre, et convaincre 70% des Français qui se déclarent, eux aussi, hostiles à l’entrée de la Turquie en Europe ?

Jacques Chirac : C’est une question importante. Sur ce sujet, j’ai une conviction profonde, je sais qu’elle n’est pas partagée par tout le monde et je l’assume. Et comme je n’ai pas l’intention de l’imposer, je vais vous donner au moins les différents éléments qui doivent être pris en compte avant d’arrêter une position pour des raisons un peu superficielles.

Il y a un vrai débat sur l’élargissement de l’Union à la Turquie. Ce débat a lieu en France, il a aussi lieu dans les autres pays de l’Union. Il n’est pas une rencontre que j’ai avec un chef d’Etat ou de Gouvernement de l’Union où ce sujet ne soit pas évoqué.

Je crois qu’il faut donc essayer de clarifier, hors des passions, les termes de ce problème. Pour cela, il faut distinguer deux questions : l’adhésion de la Turquie est-elle souhaitable et notamment souhaitable dans son principe ? Et deuxièmement, l’adhésion de la Turquie est-elle possible et notamment possible aujourd’hui ? Deux questions qui en réalité composent le problème.

Ma conviction est que la Turquie a une vocation européenne, mais que son entrée dans l’Union n’est possible que dans des conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies.

Alors, première question si vous le voulez bien et je m’excuse d’être un peu long, mais comme c’est un sujet qui suscite les passions, il mérite d’être approfondi. Première question : l’adhésion de la Turquie est-elle souhaitable ? Une entrée de la Turquie dans l’Union n’est certainement pas souhaitable à court terme. Mais ma conviction c’est qu’elle l’est à long terme, naturellement, si les évolutions positives qui nous observons aujourd’hui dans ce pays sont confirmées. Pourquoi souhaitable à long terme ? Pour deux raisons. La première, c’est que la Turquie a une vocation européenne. Toute l’histoire des siècles passés en témoigne. Je ne voudrais pas remonter à François 1er, mais le destin de la Turquie a toujours été profondément lié à celui de l’Europe. Et ce pays a toujours été associé à la civilisation européenne.

De surcroît, la Turquie est aujourd’hui un membre important et loyal de l’Alliance atlantique, elle est membre du Conseil de l’Europe, elle est membre de l’OCDE et de bien d’autres organisations, notamment européennes.

D’autre part, cela fait plus de quarante ans, c’était en 1963, que la Turquie s’est vue offrir la perspective d’entrer un jour dans l’Union européenne. C’était en 1963 ! Cette perspective n’a jamais été remise en cause, ni par aucun des pays de l’Union, c’est-à-dire nos partenaires européens, ni par les Présidents de la République et les Gouvernements qui se sont succédés en France depuis 1963. J’ajoute que cette perspective européenne a été confirmée à l’unanimité au Conseil européen d’Helsinki en 1999, un conseil auquel je participais avec d’ailleurs le Premier ministre, M. Lionel JOSPIN. Par conséquent, la Turquie est aujourd’hui candidate à entrer. C’est un fait.

Deuxième raison sur cette justification à moyen terme, ce sont les avantages que présenterait, à terme, l’entrée de la Turquie.

C’est d’abord notre intérêt politique d’avoir une Turquie, qui est un Etat considérable, à côté de nous. C’est notre intérêt politique d’avoir une Turquie stable, moderne, démocratique, qui a fait le choix de la laïcité depuis 1924. Une Turquie acceptant de partager nos objectifs et nos valeurs. Et qui, à ce titre, pourrait servir de modèle à l’ensemble de la région qui l’entoure. Cette perspective est sans aucun doute préférable à celle d’une Turquie qui aurait, par conviction, fait des efforts considérables pour s’adapter et qui se verrait rejeter ou mise de côté pour des raisons d’ordre ethnique ou religieux. Cela ne manquerait pas de faire le jeu de tous ceux qui, aujourd’hui, prônent le choc des civilisations ou qui cherchent à opposer l’Occident et l’Islam. J’ajoute que la puissance économique potentielle, enfin actuelle et potentielle de la Turquie et ses perspectives de développement ajoutent un intérêt économique.

Deuxième question : l’entrée de la Turquie est-elle aujourd’hui possible ? A cette question, je réponds non. Parce qu’il faut, avant de pouvoir adhérer à l’Union, respecter toutes les conditions de l’adhésion. Je ne crois pas qu’on puisse dire aujourd’hui que c’est le cas. Ces conditions, vous le savez, on les appelle les critères de Copenhague, cela veut dire clairement les exigences en matière de démocratie, de droits de l’Homme. En matière d’économie de marché et dans cet objectif, la Turquie ne remplit pas aujourd’hui les conditions qui s’imposent à tout nouveau membre de l’Union.

La Turquie a fait sans aucun doute des efforts considérables, depuis quelques années et a adopté nos propres critères dans ces différents domaines. Mais il y a encore du chemin.J’observe d’ailleurs que la plupart de ces réformes qu’elle a acceptées, promues, fait voter par son Parlement, quelles soient constitutionnelles ou non, ont été pratiquement votées à l’unanimité. C’est dire la détermination des Turcs de respecter les critères de Copenhague, c’est à dire les critères qui sont les nôtres. Une chose est de voter les textes. Une autre chose est qu’ils soient appliqués correctement, sur le terrain. Et de ce point de vue, je crois qu’il y a encore à faire pour la Turquie. Il y a encore beaucoup de problèmes, nous le voyons dans la situation des droits de l’Homme, dans la protection des minorités culturelles ou religieuses, dans la réforme de la justice. Il y a un certain nombre de domaines où il y a encore des progrès importants à faire si l’on veut respecter les critères qui s’imposent à chacun des membres de l’Union.

Alors, que va-t-il se passer ? La Commission va déposer entre les mains du Conseil, en octobre je crois, un rapport pour nous dire quel est son avis sur la réalité de la situation de la Turquie à l’égard des critères de Copenhague. A partir du dépôt de ce rapport qui sera étudié par le Conseil, il y a deux hypothèses qui peuvent s’ouvrir : première hypothèse, le Conseil européen, après avoir étudié le rapport de la Commission, considérera que, certes, les progrès sont importants mais qu’ils ne sont pas encore suffisants et, que par conséquent, il faut se donner et donner à la Turquie le temps nécessaire pour parachever les réformes et les implanter sur l’ensemble de son territoire et de son opinion publique, avant d’ouvrir des négociations d’adhésion. Première hypothèse.

Deuxième hypothèse, le Conseil, compte tenu des conclusions du rapport de la Commission, considère que la Turquie remplit les critères de Copenhague et que les négociations d’adhésion peuvent donc être engagées, c’est l’étape suivante.

Il faut que les choses soient claires. A supposer que les conditions permettent d’engager les négociations d’adhésion dès le début de l’année prochaine, il faut savoir que ces négociations seront longues, très longues.

J’ai une longue expérience des négociations d’adhésion. J’étais ministre de l’Agriculture quand l’Angleterre est entrée. Je peux vous raconter comment cela s’est passé ! Ces négociations seront longues, très longues.L’expérience prouve qu’elles dureront dix ans, peut-être plus. Elles seront très difficiles, compte tenu des exigences que devra respecter la Turquie pour intégrer l’Union, c’est-à-dire pour absorber ce que nous appelons l’acquis communautaire, c’est-à-dire toutes les règles économiques, sociales, politiques, juridiques de l’Union. La Turquie ne manquera pas de demander, c’est évident parce que cela s’imposera, des délais, des périodes transitoires, tout cela prendra du temps.

Naturellement, tout au long de ces négociations, il y aura un contrôle politique permanent de la part de l’Union sur l’évolution de la situation. Ce n’est qu’au terme de l’ensemble de cette procédure et de ce long délai, que l’on arrivera, le cas échéant et si on y est arrivé, à une solution dont il faudra alors, et c’est là que la décision devra être prise, approuver les résultats, approuver un nouveau traité d’adhésion. Et là, chaque nation européenne, chacun des membres de l’Union européenne devra ratifier ou faire ratifier le traité d’adhésion de la Turquie à l’Europe ce qui, là, posera la vraie question à chaque peuple. C’est à ce moment-là seulement que les peuples, compte tenu ou éclairés par l’évolution des choses, pourront décider ou non d’accepter la Turquie. Le dernier mot reviendra à chacun des peuples par définition et, pour ce qui concerne les Français, la France, là encore, soit par voie parlementaire, soit par voie référendaire. Il faudra que la France se décide. Mais c’est une perspective que dix à quinze ans.

Voilà ce que je voulais simplement vous dire parce qu’il faut bien prendre conscience de l’ensemble des éléments qui entourent ce délicat problème.(...)

Question : Monsieur le Président, l’Allemagne et la France ont fait leur devoir de mémoire en ce qui concerne la shoah. Vous-même, vous avez reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des juifs. Est-ce que la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie ne doit pas être l’une des conditions préalables à son éventuelle entrée dans l’Union ?

Jacques Chirac : C’est un problème qui concerne les relations entre la Turquie et l’Arménie. J’observe avec satisfaction qu’il y a, dans ce domaine, une évolution positive et je m’en réjouis. On ne peut pas non plus, sur le plan bilatéral, juger de tout l’avenir en fonction exclusivement du passé.

Source de la traduction : http://www.voltairenet.org

Note personelle : J'ai illustré avec une photo qui n'est certainement pas issue de cette conférence mais pour montrer que dis donc... pour des pauvres, on dirait qu'ils ont pas mal de poignon pour nous acheter des airbus, les Turcs ! Alors ! On les laisse rentrer et acheter Airbus, ou on les laisse dehors pour acheter Boeing ?

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

La frontière de l'Europe.

« Déplacez la frontière de l’Europe »
Auteur : Jack Straw
Jack Straw est ministre travailliste des Affaires étrangères britanniques.
Référence : « Shift Europe’s boundary », par Jack Straw, International Herald Tribune, 8 septembre 2005.
Résumé : J’étais présent à Istanbul, il y a 22 mois, quand Al Qaïda a commis des attentats. J’étais avec l’ambassadeur britannique et Abdullah Gül. Tout, dans les réactions de la population de la ville me démontra ce jour là qu’Istanbul était une ville d’Europe. Je me rappelle fréquemment de ce jour quand je travaille sur l’adhésion turque. Alors que le 3 octobre, date de l’ouverture des négociations s’approche, il est nécessaire de souligner l’importance de la Turquie pour l’Europe. Enfant, on m’apprenait que la frontière entre l’Europe et l’Asie était le Bosphore et c’est vrai que la Turquie est influencée par le monde « asiatique ». Pourtant, l’Europe a depuis longtemps décidé que la Turquie devait lui être liée. En 1952, Ankara entra dans l’OTAN et en 1963, elle signe un accord d’association avec la CEE. Cet accord est la base de la candidature turque dont l’idée a fait son chemin au fur et à mesure des rapprochements. Dans la question turque se joue le type d’Europe que nous voulons : une refermée sur elle même ou une plus ouverte. Nous n’avons pas le choix : stopper l’expansion européenne nous affaiblirait face aux puissances asiatiques émergentes d’Asie. L’élargissement n’affaiblit pas les pays membres, il les renforce. La Turquie connaît un taux de croissance économique annuel de 10 % et la moitié de son commerce se fait en direction de l’Union européenne. Aujourd’hui, il est temps que la Turquie voie la récompense des réformes initiées par Recep Tayyip Erdogan. Il faut régler le cas chypriote mais ne pas ouvrir les négociations nuirait à la crédibilité européenne et aux réformes en Turquie.

Turquie, kémalisme et réformes européennes.

« Grâce au Kémalisme, la Turquie a avancé en direction de la réforme européenne »
Auteur : Duygu Bazoglu Sezer

Duygu Bazoglu Sezer est professeur de relations internationales à l’université Bilkent d’Ankara. Il est le directeur et le fondateur de l’International Dialogue and Cooperation Studies Center.

Source : Daily Star (Liban)
Référence : « Thanks to Kemalism, Turkey has advanced on EU reform »,
par Duygu Bazoglu Sezer, Daily Star, 9 septembre 2005.

Résumé : La Turquie est entrée dans le XXIième siècle avec un grand projet : se réformer afin d’être acceptée dans l’Union européenne. La Turquie s’est rapprochée de l’Union européenne (alors appelée CEE) en 1964 et n’a cessé de se rapprocher de l’adhésion. En 1999, la possibilité d’une adhésion turque a été reconnue. Depuis 2001, le système turc a été largement remanié et l’Union européenne accepte d’ouvrir les négociations avec Ankara le 3 octobre 2005. Cet aboutissement n’est possible qu’en s’appuyant sur l’occidentalisation turque amorcée de façon radicale dans les années 20. C’est ce qu’on a appelé le Kémalisme. On peut dire qu’aujourd’hui la Turquie connaît une nouvelle phase de Kémalisme. Il s’agit d’une totale transformation de la société turque qui vise à construire un homme nouveau et occidentalisé sur la base d’une société asiatique et musulmane. L’inspiration du kémalisme est clairement la France des lumières, du positivisme, du rationalisme et sa laïcité. Les moteurs de la transformation de la société turque furent la religion, la loi et l’éducation. On a aboli le califat en 1924 et on a mit fin à la prééminence de l’islam. On sécularisa le système légal et on unifia le système éducatif. Cette révolution fut construite sous le règne d’un parti unique et beaucoup d’erreurs furent commises mais des millions de Turcs sortirent du système scolaire en ayant intégré les valeurs des Lumières sur lesquelles se fondent aujourd’hui la société turque.
Source : http://www.voltairenet.org

Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Liberté d'expression et progrès.


« Le dossier de la liberté d’expression ne doit pas cacher les progrès »
Auteur Soli Ozel

Soli Ozel est professeur de relations internationales à université Bigli d’Istanbul et éditorialiste pour le quotidien turc Sabah. Il est expert de Project Syndicate.
Référence : « Free-speech case can’t hide progress », par Soli Ozel, International Herald Tribune, 8 septembre 2005.

Résumé : En décembre, le romancier turc Orhan Pamuk comparaîtra devant la justice de son pays pour avoir osé affirmé à un journal suisse que la Turquie avait tué 30 000 Kurdes et un million d’Arméniens, mais que ce sujet restait tabou. Ce procès va à l’encontre de la liberté d’expression et il faut qu’il se termine par un non-lieu. Toutefois, ceux qui, en Occident, veulent utiliser cette inculpation pour s’attaquer à la candidature turque doivent mesurer cependant le chemin parcouru depuis dix ans. En Turquie, les débats ne cessent de s’ouvrir, y compris sur la question arménienne. En outre, aujourd’hui, le système judiciaire qui inculpe Pamuk est divisé entre ceux qui ont une vision modérée et libérale et ceux qui refusent toute ouverture. Il y a huit ans, pour avoir critiqué la politique kurde d’Ankara, Yasar Kemal avait reçu une peine de 20 mois avec sursit, réalisable s’il réitérait ses propos dans les cinq ans. À l’époque, la Turquie mena une politique qui entraîna la mort de 30 000 personnes et fit des centaines de milliers de réfugiés. Aujourd’hui, cette guerre est finie et la Turquie s’ouvre sous l’influence de l’Union européenne. Les Turcs veulent la démocratisation. Le procès contre Pamuk doit être vu comme faisant partie d’une bataille. Ceux qui s’attaquent à la Turquie pour des motifs culturels (adjectif qu’il faut comprendre comme « religieux ») sont les meilleurs alliés des nationalistes qui refusent le changement.

Le «rêve européen» d'Orhan Pamuk !

Pamuk - NÜKTE V.ORTACQ 15/12/2004

L'un des plus grands écrivains turcs explique la dynamique créée par la candidature à l'Union.«Nous nous libérons progressivement», dit-il.

CORRESPONDANTE À ISTANBUL
Orhan Pamuk est l'un des plus grands écrivains turc contemporain. Cinq de ses ouvrages ont été traduits en français comme «Mon nom est Rouge» et «Le Château Blanc». «Neige» et «Istanbul», deux de ses derniers livres, seront publiés prochainement. Fortement engagé dans les mouvements démocratiques turcs, il fait entendre une voix sans compromissions.

Quelles sont les effets sur la Turquie du processus d'intégration dans l'UE?
Le pays devient un véritable Etat de droit. Grâce à ce processus, la Turquie fait des pas importants sur la voie de la démocratisation. Le spectre des coups d'Etats militaires ou celui d'un régime islamiste s'en trouve éloigné. Nous nous libérons progressivement du complexe d'infériorité entraîné par la chute de l'Empire Ottoman. C'est comme le rêve napoléonien que j'ai découvert dans les romans de Stendhal. Grâce à ce rêve, un peuple change par sa propre volonté.L'Union européenne désigne aux Kurdes, aux Alévis et aux minorités la place qui leur revient dans la société. C'est pour cela que je veux que le processus d'intégration se poursuive.

Peut-on peut dire que les forces démocratiques expriment leurs souhaits avec plus de force ?
C'est vrai, de nombreuses choses tues commencent à faire surface. On parle peu à peu de la question arménienne. Il y a eu toujours des gens courageux pour en raviver la mémoire, mais ceux qui le faisaient par le passé étaient attaqués violemment. Le rêve européen provoque une transformation qu'auczune révolution dans ce pays n'a pu réaliser.

L'Union est-elle consciente de l'ampleur de ce changement?
Je souhaite que ceux qui tracent aujourd'hui la destinée de l'Europe, qu'ils soient conservateurs ou amis de la Turquie, distraits par leurs querelles internes et politiques, ne passent pas à côté de cette transmutation dont ils sont à l'origine. L'Union ne comprend pas que son désir joue un rôle transformateur que n'a eu aucun autre événement historique.

De nombreux Européens sont contre l'entrée de la Turquie. Pourquoi?
L'homme de la rue ne se soucie guère du rôle que peut avoir l'Union pour la démocratisation de la Turquie. Eux, ce qu'ils refusent surtout, c'est de faire rentrer des musulmans dans leur civilisation. Je comprends cela. Pour eux, les représentations des musulmans, des Turcs et des immigrés se sont superposées.

N'y a-t-il pas aussi des résistances en Turquie?
Bien sûr. Près de 20pc de la population turque s'oppose à ce changement. Certains sont animés par une colère nationaliste. D'autres préfèrent vivre sur la rente que leur procure l'Etat. Il y a aussi ceux qui souhaitent que les Kurdes et les Alévis restent à la périphérie de la société. Lorsque l'UE commencera à traiter avec nous sur une base égale, la population pourra se débarrasser de ses sentiments nationalistes.

Les pourparlers d'adhésion ne risquent-ils pas de voir se développer le courant nationaliste?
Tout est possible. Dans cette période de réformes, les négociations vont durcir, les réactions nationalistes peuvent se faire plus fortes. Mais je ne suis pas trop pessimiste. Pendant cette période la croissance économique va certainement progresser et les réactions, s'émousser.

Trouvez-vous normal que l'UE impose à la Turquie des conditions particulières?
Non, parce que pour moi, ce qui est important, plus que l'adhésion elle-même, c'est le chemin qui y conduit. Je sais que certains en Turquie ont l'espoir de pouvoir se glisser par la porte sans faire de réformes. Je suis aussi conscient du fait que certains politiciens européens rusés, souhaitant l'exclusion de la Turquie, se cachent derrière ces conditions sans cesse renouvelées. Tant que ces exigences ne bloquent pas l'accès de la Turquie, je n'ai rien à redire. C'est à nous de les convaincre.

Jacques Chirac, a déclaré en parlant des Turcs, «nous sommes tous des enfants de Byzance». Que pensez-vous de cela?
Ce sont des paroles prononcées de bonne foi. La meilleure réponse est certainement l'ouvrage de Fuad Koprulu, le père de la turcologie en Turquie. Pour lui, notre pays résulte de la fusion des gens venant d'Asie Centrale avec les Byzantins.

Source : http://www.lalibre.be
Athétürk : Forum Franco Turc d'amitié sur l'athéïsme et la laïcité.

Bruxelles doit ouvrir les négociations sans tarder.

Pourquoi Bruxelles doit ouvrir sans tarder les négociations avec la Turquie.

Honte, exaspération et inquiétude... Voila ce que ressent l’Européen convaincu que je suis devant l’attitude irresponsable de nos dirigeants et l’inertie de l’opposition.
Comment dans ce pays en est-on arrivés à tolérer les discours de haine de De Villiers ? Je l’ai entendu lors d’un meeting tenir des propos à propos de l’Islam et des Turcs qui auraient valu à leur auteur un procès de la part des organisations antiracistes, si la cible avait été autre. Il suffisait de remplacer "Islam" par "Judaïsme", "Musulman" par "Juif", "islamisme" par "sionisme" et vous aviez en face de vous Laval à l’époque du régime de Vichy !
J’encourage d’ailleurs vivement les lecteurs à alerter les dites associations par des courriers comportant des citations, afin de les aider à constituer un dossier de plainte pour « incitation à la haine » contre cet anachronisme vivant. Son « livre », « Les Turqueries du grand Mamamouchi » recueil d’approximations, de préjugés et d’âneries xénophobes suffit à lui faire mériter la correctionnelle. Comme on ne peut compter sur la puissance publique, complice par son silence, je fais appel à votre sens citoyen pour mettre un point d’arrêt à ce scandale qui n’a déjà que trop duré.
La politique française nous avait habitué à nombre de volte-face et autres piteux renoncements dans le simple but de gagner quelques suffrages. Mais à l’approche de l’échéance cruciale du 3 octobre 2005, date à laquelle doivent s’ouvrir les négociations d’adhésion de la Turquie, notre Président de la République révèle une fois de plus que rien ne l’arrête s’il s’agit du pouvoir.
Jusqu’ici partisan inconditionnel de l’adhésion de la Turquie, le voici maintenant ajoutant des nouveaux obstacles à cette adhésion au fur et à mesure que celle ci remplit les conditions qui lui avaient été signifiée lors de la décision de décembre 2004. Faut-il rappeler que c’est lui, Chirac, qui en 2002 avait insisté pour que l’UE ne ferme pas ses portes à la Turquie ? Faut qu’il soit tombé bien bas pour lancer l’idée d’un referendum à l’issue des négociations et s’en faire le champion en Europe...
Vous pourriez, vous, accepter sans broncher qu’à la moitié d’une course éprouvante à laquelle vous participez on en change non seulement les règles, mais qu’en outre, on vous dise que même si vous vous conformez à ces nouvelles contraintes, vous pourrez toujours être disqualifié à l’arrivée ? Quelle est l’expertise des citoyens sur un tel sujet justifiant qu’il fasse l’objet d’un referendum ? Sans mépris aucun de ma part pour le peuple, une consultation sur ce sujet revient à faire voter au suffrage universel le bien fondé de la théorie d’Einstein... Seules des commissions d’experts peuvent évaluer la situation juridique, économique et politique d’un pays. Un referendum est de plus bien trop conjoncturel pour que son résultat réponde à une question aussi complexe, l’expérience du Traité Constitutionnel l’a bien montré. Il y a fort à parier qu’un nouvel attentat islamiste dans les mois qui précéderont le vote amènera un non sans appel et ceci même dans l’hypothèse où la Turquie devient d’ici là un modèle dans tous les domaines. Il ne faudrait pas, Mr Chirac, confondre démagogie et démocratie.
Il faut voir dans ces manoeuvres, bien sûr, l’effet de l’approche de la présidentielle de 2007 et la conséquence d’un surenchère sur le populisme de son dauphin haï, le très agité Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’a comme seule conviction que celle de suivre l’opinion publique, ou du moins l’image qu’en donnent des sondages aux résultats toujours très ambigus et tellement volatils. Peu lui importe si cette opinion publique file le train à l’extrême droite à cause de peurs instillées depuis des lustres ses amis partisans de la politique sécuritaire. La peur a cela de commode qu’elle permet aux politiciens de se passer de programme et de projet politique : Puisqu’ils sont incapables de faire des propositions positives, ils font des programmes « contre », en quelque sorte l’usage de la « tête de Turc » élevée en système de gouvernement... Les responsables de tous nos malheurs sont évidemment les « Autres » : Les immigrés clandestins, les plombiers polonais, les chinois, les musulmans et donc évidemment...Les Turcs.
Camps de détention, expulsions arbitraires, simulacres de procès, procédures d’exception, on légifère contre l’étranger et l’ « anti-France » comme jamais depuis le régime de Vichy. Mais on continue en même temps de prétendre combattre le racisme et la xénophobie. Et nos analystes politiques sont très surpris que les Français souffrent d’une perte de confiance, de repères et de valeurs ! On ne récolte que ce que l’on sème... 2007 pourrait être une consécration pour nos stratèges : Nous allons avoir le choix entre la politique de Le Pen par l’original ou la même politique légèrement édulcorée par son poursuivant faussement « light ». La peste ou le choléra, quelle enthousiasmante alternative !
Si on m’avait dit un jour que la France deviendrait leader en Europe du repli national, j’aurais souri. Malheureusement, le pire n’est jamais improbable.
Quid de la gauche ? Elle se débat entre l’idée géniale d’appliquer en gros la même politique que la droite au pouvoir et celle, non moins géniale, de s’approprier les idées de l’extrême gauche, qui, on le sait, a toujours fait des scores élevés lors des élections en France. Autant dire que le temps de l’union sacrée autour d’un leader unique et le retour d’un semblant de programme commun risque bien de ne pas avoir lieu, à moins d’un cataclysme, avant le prochain siècle !
Mais revenons à nos « koyun » (moutons en turc). Les Turcs font les frais de cette politique désastreuse et contagieuse. Peu importe si on les humilie, peu importe si on donne raison à leurs nationalistes qui disent que depuis toujours l’Europe ne fait que feindre de vouloir intégrer la Turquie. On ne peut en même temps prétendre vouloir imposer une solution concernant Chypre et faire tout pour ramener au pouvoir en Turquie les plus radicaux des nationalistes.
Nous sommes arrivés au moment où doit se poser la question essentielle : Veut on ou non que la Turquie sorte rapidement de l’autoritarisme, veut-on qu’elle normalise ses relations avec ses voisins, veut-on qu’elle puisse enfin se réconcilier avec son passé ? Je vois venir les nostalgiques des Croisades et du Traité de Sèvres : « C’est du chantage ! » Non, il n’y a pas de stratégie orchestrée là-dessous et ce n’est pas plus du chantage que celui qui consiste à toujours plus exiger de la Turquie sous la menace de ne pas l’intégrer.
Je me demande, et je ne suis pas le seul, si la droite européenne, ne dissimule pas une volonté délibérée de faire en sorte que la Turquie ne sorte jamais de sa condition d’état paria, comme s’ils pensaient à l’instar de l’extrême droite qu’un pays musulman n’a rien à faire dans la « cour des grands ».
Sans mettre en cause l’ensemble de la diaspora arménienne, que dire aussi de l’attitude de ses leaders nationalistes dont la voix étouffe toujours celle des modérés ? Je pense en particulier à un parti (FRA Dachnaktsoutioun) qui prétend appartenir à la gauche, qui est membre de l’Internationale Socialiste et comme tel soutenu par le PS ( !) Cette organisation est en réalité composée de ce qui se fait de pire comme nationalistes revanchards, il suffit de se rendre sur leurs sites et forums pour s’en rendre compte.
Alors que les Arméniens et toutes les autres minorités ethniques ou religieuses de Turquie appellent de leurs vœux l’intégration de leur pays, parce qu’il est évident que leur situation en serait grandement améliorée, ces apprentis sorciers font des pieds et des mains pour l’empêcher. Car enfin soyons clairs, demander à la Turquie de reconnaître immédiatement un génocide arménien qu’elle nie depuis au moins 70 ans revient tout simplement à lui refuser l’entrée. Toute évolution sur ce sujet ne peut être que lente, le gouvernement turc ne peut se permettre de se mettre à dos l’ensemble des nationalistes dans un pays ou cette idéologie n’est pas encore devenue quasi obsolète comme elle l’est chez nous.
L’objectif de ces activistes est-il réellement que la Turquie fasse son devoir de mémoire ou est-il d’obtenir une revanche historique en maintenant la Turquie à l’extérieur de l’Union ? N’oublions pas non plus que l’adhésion de la Turquie rendrait encore plus immuables ses frontières et que ces gens en sont encore à contester la légitimité du Traité de Lausanne ! Certains de nos partis politiques seraient bien avisés de se méfier de leurs fréquentations.
Je pose la même question en ce qui concerne la Grèce, du moins la partie de ses élites nationalistes qui utilise Chypre pour mieux s’opposer à l’adhésion de la Turquie. Car contrairement à ce que voudraient faire croire certains hommes politiques, c’est bien la minorité grecque qui a refusé le plan Annan en 2004 et rendu impossible le règlement du conflit.
L’Europe si exigeante vis-à-vis de Turquie n’aurait jamais dû faire entrer Chypre sans que la réunification soit accomplie. A moins que l’objectif non avoué ait été d’ajouter un nouvel obstacle à la Turquie. En effet, si Nicosie était restée dehors, l’UE aurait pu faire pression sur elle pour quelle accepte un compromis, or dans la situation actuelle, non seulement Bruxelles a perdu ce moyen de coercition, mais elle a mis Ankara en délicatesse avec son opinion publique, son armée et les partis nationalistes. Je n’ose croire que la Commission n’ai pensé aux conséquences pourtant évidentes de cette intégration partielle. Auraient-ils simplement oublié de prendre en compte la situation politique turque, prenant leurs désirs d’efficacité politique pour une réalité ? Après tout, serait-ce si surprenant après l’énorme bourde que fût le traitement du problème de l’ex Yougoslavie ?
Si les pays de l’UE, France en tête, souhaitent vraiment que la Turquie renonce à son nationalisme, il conviendrait d’abord de ne pas lui opposer d’autres nationalismes. Je n’exempte pas la Turquie de toute responsabilité dans ses difficultés, elle a encore devant elle un long chemin. La durée des négociations doit lui permettre de le parcourir, c’est pour cela qu’il faut impérativement ouvrir ces négociations d’adhésion le 3 octobre.
Il faudra laisser ensuite le temps aux élites proeuropéennes turques le temps de convaincre et de former l’opinion à adopter les valeurs de l’Union. Petit à petit, les oppositions s’éroderont, les exigences deviendront des évidences. Rien de pérenne n’est obtenu uniquement par la contrainte. Pour réussir cette avant-garde turque doit avoir un objectif clair à proposer, pas une demi mesure du type « statut privilégié » dont les promoteurs sont bien incapables de dire en quoi il consiste. Si on lui retire maintenant, elle perdra une grande partie de sa crédibilité auprès de la population et les réformes prendront alors beaucoup plus de temps, voir même, si ces humiliations répétées se poursuivent la Turquie pourrait se replier sur l’idéologie dont elle était en train de se débarrasser, un prétendu kémalisme figé et orthodoxe. Ses partisans devraient se rappeler que Mustafa Kemal Atatürk, qui est un des rares dirigeants autoritaires au monde a n’avoir voulu fonder ni dynastie ni oligarchie, a déclaré : « Je ne laisse, en tant qu’héritage spirituel, aucun verset, aucun dogme, aucune règle pétrifiée et figée. Mon héritage spirituel, c’est la science et la raison.(...) ».
Ces défenseurs turcs du statu quo et de l’immobilisme ont beau jeu de se justifier en affirmant que la Turquie est entourée d’ennemis, que les Européens veulent l’affaiblir et la soumettre et que le peuple turc n’est pas encore prêt pour la démocratie. Des évènements récents montrent qu’ils prennent à nouveau de l’assurance. Si l’Europe veut vraiment soutenir les Turcs dans leur accession à la maturité démocratique, il est indispensable quelle n’apporte pas d’eau aux moulin de ces partisans de la réaction. Le moins que l’on puisse constater est que, pour l’instant, certains de ses pays membres et en particulier la France à travers son chef de l’état, sont très, très loin d’une attitude cohérente.
Reynald Beaufort Président de Turquie Européenne

Turquie, Europe, et Sarkozy.

« La Turquie est aussi européenne que Sarkozy est français »
Auteur : Baris Sanli

Baris Sanli est membre de l’ International Strategic Research Organization (ISRO-USAK), organisme non-gouvernemental et à but non-lucratif basé à Ankara.

Source : Turkish Weekly (Turquie)Référence « Turkey is as much European as Sarkozy is French « , par Baris Sanli, Turkish Weekly, 22 août 2005.

Résumé : Après le référendum maudit, les politiciens européens ont redécouvert les politiques populistes. La Turquie a l’étrange capacité de se positionner dans le cadre de ces politiques. Le problème c’est qu’il n’y a pas de voix turque dans les médias européens et que de nombreux politiciens parlent de la Turquie sans même consulter les idées turques. La nouvelle star de ces politiques est Nicolas Sarkozy. Il est né d’un père hongrois et d’une mère gréco-juive, il est ambitieux et il est le candidat le plus sérieux pour les élections présidentielles. La plupart des médias en France parlent de lui comme du politicien conservateur le plus populaire en France. C’est différent pour les Turcs, l’attitude de la France était déjà bizarre mais avec le facteur Sarkozy, les choses peuvent évoluer vraiment mal. Il n’est pas très populaire par ici, pourtant les Turcs ont beaucoup de raisons de l’aimer. Les Turcs et les Hongrois sont liés historiquement et génétiquement liés, même linguistiquement il y a de nombreuses similarités. Les nationalistes radicaux turcs aiment particulièrement les Hongrois et ils vont aimer Sarkozy encore plus s’il s’oppose à l’entrée de la Turquie, il va devenir un héros pour eux. Les Turcs sont déjà européens et nos extrémistes sont aussi complexes que Sarkozy. La plupart des Turcs sont plus ouverts d’esprit que des extrémistes, cela signifie que 99% des Turcs sont plus européens que Sarkozy et son fan-club. Il se comporte d’une telle manière que l’on oublie complètement qu’il a lui aussi été « noir » un jour. Pour cacher son passé de « noir », il ne manque pas une occasion de prouver qu’il est « blanc ». Ses discours laissent penser qu’il est le petit fils de Napoléon. Il a fait ses preuves dans une société aussi discriminatoire que la société française. Pour comprendre sa psychologie il suffit de voir une analogie avec les lutteurs turcs. On dit couramment que les meilleurs lutteurs sont plus déterminés que les autres car ils ont un défaut à cacher, une blessure à la main durant l’enfance par exemple. Ce n’est pas le patrimoine génétique qui fait que Sarkozy est français ou européen, c’est le fait qu’il a trouvé des opportunités dans la politique et la société françaises. À ce que je sache il dit être catholique romain mais il pourrait très bien être juif d’après les lois de cette religion. La Turquie n’est pas différente qui se revendique séculaire mais de culture islamique. La Turquie a travaillé davantage que Sarkozy pour devenir européenne. Ce n’est donc pas une exagération de dire que si Sarkozy est français, les Turcs sont européens.
Source de la traduction : http://www.voltairenet.org